YOUNG SCOOTER – 80’s Baby

Avec la mixtape qu’il a sortie en tout début d’année, Street Lottery, il a été l’un des hommes en vue de 2013,. Mais en 2014, Young Scooter n’a pas concrétisé. En attendant un album annoncé il y a déjà longtemps, le rappeur d’Atlanta a proposé une suite à cette mixtape de référence, en janvier encore, mais Street Lottery 2 ne s’est pas révélée fameuse. Puis il a embrayé en mai avec cet 80’s Baby, qui ne semble avoir été remarqué que pour sa pochette. Le contenu pourtant, sans être irréprochable, vaut davantage qu’un détour.
Young Scooter s’y présente comme un enfant des années 80, ce qui dans les faits, est exact, Kenneth Edward Bailey ayant vu le jour en 1986. Ce qu’il a voulu dire, cependant, on le découvre avec le premier titre, c’est que sa naissance a coïncidé avec l’apparition de la drogue qui allait façonner le paysage du rap : le crack. La pochette donnait une indication, le reste de la mixtape le confirme : ce rappeur est un enfant de la blanche et de ses dérivés. Les textes, comme le veut la loi du genre, sont dédiés pour l’essentiel aux stupéfiants, puis à l’argent que leur trafic permettrait d’amasser. C’est à ça que Scooter se consacre, avec l’aide de ces voisins et proches que sont Waka Flocka Flame, OJ da Juiceman, Future, Casino, Young Thug, 2 Chainz, et d’autres sbires moins connus.
Rien de nouveau avec la trap music d’Atlanta, manifestement. Seuls quelques titres échappent timidement à ces deux thèmes : « Ghetto Gold », avec sa dimension sociale, « Please God », sur les vies perdues de ses potes emprisonnés ou assassinés, et « My Kidz », un titre mimi comme tout que le rappeur consacre à ses enfants chéris. De fait, à la manière de Street Lottery 2, la mixtape s’écoule au début comme un long fleuve gangsta, sans que rien ne vienne réveiller ni surprendre l’auditeur. Et puis, peu à peu, couplé aux beats supérieurs du duo Chophouze (à l’œuvre sur l’essentiel de cet enregistrement), le phrasé nonchalant du rappeur nous ramène au meilleur de Young Scooter.
Ca frémit un peu sur « Bag It Up », avec les frangins Future et Casino, puis sur « Hector », deux nouvelles déclinaisons du thème quasi-unique de cette sortie. Puis ensuite, c’est comme si Young Scooter tirait profit de l’assistance d’autres rappeurs. C’est le cas avec la petite mélodie entêtante du triomphateur « World Wide », avec VL Deck et Phil, aussi bien qu’avec l’apaisé « Streets Dirty », un titre de Maceo, avec Young Scooter, comme Casino et Mexico Rann, en simple supplétif. C’est aussi manifeste sur le très bon « Off », une longue divagation à plusieurs voix, un posse cut où le rappeur s’entoure de K Blacka, VL Deck et Big Bank Black, et s’accompagne d’une production orientalisante signée Cash Out.
C’est en ces moments là, avec d’autres gens, une fois qu’on est entré et qu’on s’est installé dans cette mixtape, qu’on réalise qu’il y reste ici un petit quelque chose du Young Scooter du début 2013, que cet 80’s Baby est en réalité une bonne sortie mineure.
PS : la seule vidéo identifiée, issue de cette mixtape, est en fait celle du titre de Maceo, « Streets Dirty », où Young Scooter n’apparait qu’en qualité d’invité.