Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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TYLER, THE CREATOR - IGOR

, 16:21 - Lien permanent

Cela fait 10 ans maintenant que Tyler, the Creator a pris sa place dans le paysage du rap. Et à l'époque, il aurait été difficile de prédire le cours qu'a pris sa carrière. Dans un premier temps, on aurait pu penser que son rôle se serait limité in fine à celui de l'activiste, du leader, du gourou. Son destin aurait pu être, dans l'aventure Odd Future, de révéler de plus grands artistes que lui, comme Earl Sweatshirt, Frank Ocean, ou bien encore, en marge du collectif, Vince Staples. Ses premiers sorties ont été des événements, mais au bout du compte, tout sur Goblin, son premier album, n'était pas au niveau des abrasifs "Yonkers" et "Radicals", et ses projets d'après ont parfois déçu. Seulement voilà : une décennie plus tard, en 2019, Tyler Okonma est toujours là. Mieux, son cinquième album, IGOR, a été numéro 1 aux Etats-Unis, et il a recueilli des honneurs critiques presque unanimes.

TYLER, THE CREATOR - IGOR

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BILAN - L'année rap 2013

, 22:11 - Lien permanent

Gucci Mane s'était engagé à sortir un nouvel album chaque mois en 2013. La promesse semble bien avoir été tenue, et forcément, avec une telle productivité, tout cela s'est montré très inégal. C'est pourtant bien l'infréquentable Radric Davis qui sort encore gagnant de l'année, si ce n'est par ses propres mixtapes, au moins grâce à ses protégés, notamment les excellents Young Thug et Young Scooter, ainsi que via quelques autres artistes trap, d'Atlanta évidemment, mais aussi de Chicago, de la Baie de San Francisco et même de France, chez lesquels sévit son influence. Mais bien sûr, quelques autres aux styles distincts, voire contraires, insèrent aussi quelques albums et mixtapes parmi les meilleurs de l'année, d'une East Coast / Beast Coast rénovée, au second épisode de la déferlante drill music.

KEVIN GATES - The Luca Brasi Story

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AZJAH - Princess Diaries

, 16:32 - Lien permanent

La scène rap contemporaine, à Los Angeles, ne brille pas par sa représentation féminine. Récemment, pourtant, quelqu'un a pris la place, et revendiqué le titre de "Princess of Compton". La carrière d'Azjah n'a à vrai dire pas commencé d'un coup. La jeune femme s'est longtemps adonnée aux freestyles et à l'écriture en amateur, avant de faire parler d'elle. Il y a peu, cependant, un événement a précipité les choses : en mars 2017, à la suite de la condamnation à vie de son grand frère Cholo pour tentative de meurtre, elle lui a dédié un premier single, "The Warm Up". Celui-ci connut alors un certain succès viral, confirmé ensuite par un "Time For It" encore plus remarqué. Tout cela lui valut la reconnaissance de collègues prestigieux (DJ Mustard, YG, Ty Dolla $ign, etc.), ainsi qu'un contrat de distribution avec EMPIRE et, dans la foulée, les honneurs de la presse spécialisée.

AZJAH - Princess Diaries

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SLOWTHAI - Nothing Great about Britain

, 06:29 - Lien permanent

Tyron Frampton a décidé de nous parler de ce qui va mal en Grande-Bretagne. Et pour bien souligner le propos, il a voulu que son premier album voie le jour à la même date que le Brexit, le 29 mars 2019. Depuis, la sortie du royaume de l'UE a été repoussée, et celle de Nothing Great about Britain, le successeur très attendu au EP RUNT, l'a été également. Les deux ne coïncideront pas. Mais l'essentiel est là : c'est bel et bien un état des lieux de son pays que nous propose le rappeur qui, depuis que ses amis l'ont appelé ainsi en raison de ses absences et de ses bredouillements, répond au nom de Slow Ty, ou Slowthai, avec ou sans majuscule.

SLOWTHAI - Nothing Great about Britain

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STE STRAUSZ & ANTOINE DOLE - Fly Girls

, 06:41 - Lien permanent

Fly Girls est un hommage rendu aux femmes du hip-hop français. Il met en avant leur place, pas toujours très visible, mais parfois décisive, dans la grande épopée de ce mouvement dans notre pays. Il n'en retrace pas l'histoire. Seules quelques lignes évoquent la lente affirmation de la féminité, des filles au look unisexe des débuts aux premiers talons hauts. Cet ouvrage court ne livre pas non plus de biographie détaillée de ses protagonistes. Mais comme l'indique son sous-titre (histoires, avec un "s", du hip-hop féminin en France), il en dresse une série de portraits. Il le fait à travers quelques photos, les paroles de morceaux, ou encore des anecdotes révélatrices, à propos par exemple d'un concert de B-Love devant le château de Caen, au contact d'un public alors loin d'être conquis. Le but est, à travers quelques paragraphe sur chaque femme en question, de rendre compte d'un talent, d'un état d'esprit, d'un caractère ou d'une contribution essentielle.

STE STRAUSZ & ANTOINE DOLE - Fly Girls

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BILAN - L'année rap 2018

, 23:59 - Lien permanent

Depuis que la scène d'Atlanta semble avoir amorcé un déclin, il est difficile de dire quelle est maintenant la capitale du rap. Peut-être, d'ailleurs, n'y en a-t-il tout simplement plus. Et qu'en conséquence, ce qui a sans doute toujours été une réalité devient désormais plus visible : le rap qui compte, en fait, ce serait le rap régional. Ce serait ce qu'une multitude de scènes locales produisent de mieux, sans forcément le porter à l'attention du grand nombre. Moins que jamais, en effet, les albums les plus émoustillants sont ceux que l'on retrouve dans les listes de fin d'année des grands médias. Ce sont plutôt des projets épars, provenant de ces centres féconds que sont la Bay Area, le Los Angeles d'03 Greedo et de Drakeo the Ruler, une ville de Detroit qui avait déjà été la plus satisfaisante en 2017, un New-York dégradé dans la hiérarchie du rap, mais qui a toujours de beaux restes, ou encore la Floride de Kodak Black, celle qui doit davantage à Lil Boosie qu'à Trick Daddy. Sans oublier, naturellement, une musique démunie de toute attache locale forte, mais popularisée à travers SoundCloud et les autres plateformes Internet. Toutes ces sources, toutes ces tendances, ce rap certes hégémonique, mais plus que jamais complexe et éclaté, on les retrouve plus ou moins parfaitement dans les sélections ci-dessous, celle de Fake For Real, tout comme celle de ses lecteurs.

03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

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BILLY WOODS & KENNY SEGAL - Hiding Places

, 22:36 - Lien permanent

C'est un détail qu'on avait remarqué l'an passé, au moment où avait été vanté le troisième album d'Armand Hammer, Paraffin. Parmi les producteurs, contribuant à deux titres, figurait une vieille connaissance issue de la Côte Ouest : Kenny Segal. Et si l'on était plus vigilant encore, on notait qu'il avait déjà participé à Rome, le projet précédent. C'est via Elucid que la connexion entre le duo new-yorkais et l'héritier de la vaste communauté Project Blowed, s'est d'abord effectuée. Ils s'étaient côtoyés en 2015 sur le So the Flies don't Come de Milo (enfin, milo…), que Kenny Segal avait produit. Mais après la collaboration de l'an dernier, c'est avec l'autre moitié d'Armand Hammer, Billy Woods (enfin, billy woods…) que s'est embarqué le Californien, et qu'il a livré l'un des meilleurs albums du début 2019.

BILLY WOODS & KENNY SEGAL - Hiding Places

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CESCHI - Sad, Fat Luck

, 22:09 - Lien permanent

Si l'on excepte des projets annexes comme ses Elm St. Sessions de l'an passé, Ceschi n'est pas d'une productivité folle. Ses albums officiels, il les peaufine, et il n'en sort que tous les quatre ou cinq ans. Mais en 2019, il semble résolu à mettre les bouchées doubles. Il a prévu d'en sortir par moins de trois. Disponible depuis début avril Sad, Fat Luck entame la série, et le moins que l'on puisse dire, à son écoute, c'est que le temps n'a pas changé grand-chose à l'affaire. Il s'agit encore d'une collaboration avec Factor Chandelier, où il partage ses états d'âmes avec un premier degré presque embarrassant, mais où il réalise de main de maître une alliance quasi parfaite de tous les styles musicaux imaginables, folk et rap en tête.

CESCHI - Sad, Fat Luck

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PROJECT SWIFT - Thug Motivation 101

, 11:33 - Lien permanent

Le monde du rap de rue est cruel. C'est un panier de crabes. Il grouille tant, ses aspirants stars sont si nombreux, ses formules sont si génériques, ses thèmes si bateau, qu'il est souvent ardu de se distinguer du lot, tout spécialement quand on vient d'une scène aussi peu identifiée que celle de St. Petersburg, dans la banlieue de Tampa. Aussi Project Youngin a-t-il mis les bouchées doubles, quand il a lancé sa carrière il y a quelques années. Le garçon dont le vrai nom est Rasheed Jamaal Hall a mobilisé rien de moins que 500 000 dollars pour parvenir à ses fins, il a sorti des mixtapes à tire-larigot, et il a rameuté quelques figures du rap du Sud sur ses morceaux (Lil Baby sur "Balmains", YoungBoy NBA sur "Biggest Blessing", Ralo sur "Family Eats"). Aussi, conscient qu'un rappeur gangsta se doit de faire les gros titres des faits divers, il a posté sa photo sur Instagram après avoir été attaqué par des chiens policiers, et il a simulé sa mort sur la vidéo de "Thug Souljas". Et cela a marché. A force, il s'est créé un public conséquent sur les réseaux sociaux.

PROJECT SWIFT -  Thug Motivation 101

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42 DUGG - Young and Turnt

, 22:47 - Lien permanent

L'heure de l'expansion nationale a bel et bien sonné pour le rap de rue de Detroit. Depuis plusieurs années, à partir du moment où les Doughboyz Cashout ont rejoint le CTE World de Jeezy, il a cessé d'être circonscrit à la scène locale et condamné à la confidence. La signature de 42 Dugg sur le Collective Music Group de Yo Gotti (via le 4PF de Lil Baby), juste après que l'homme d'East Side se soit fait remarquer avec le single "The Streets", en est une autre preuve. La première manifestation de cette alliance, le projet Young and Turnt, reflète l'ouverture du rap de Detroit, quelques invités étant, outre Yo Gotti et Lil Baby eux-mêmes, le rappeur de Memphis Blac Youngsta, autre membre de l'écurie CMG, et ce bon vieux PeeWee Longway. Cependant, tout cela demeure à 100% du rap de Detroit.

42 DUGG - Young and Turnt

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SYLVAIN BERTOT - Mixtapes

, 22:44 - Lien permanent

Et de trois. Fake For Real a récemment publié (le 18 mai 2017 plus exactement) une troisième anthologie sur le rap. Après avoir traité du genre dans son ensemble, puis du mouvement hip-hop underground qui a sévi autour de l'an 2000, nous nous penchons cette fois sur la fabuleuse histoire des mixtapes. Nous retraçons l'épopée de ce format à travers ses multiples métamorphoses, en nous concentrant, comme avec les ouvrages précédents, sur l'espace nord-américain.

SYLVAIN BERTOT - Mixtapes

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DAVE - Psychodrama

, 22:34 - Lien permanent

L'album Psychodrama a été numéro 1 en Grande-Bretagne, une conséquence de l'engouement né autour de David Orobosa Omoregie, dit Dave, après ses premiers freestyles, puis avec la sortie de Six Paths en 2016, et de Game Over l'année suivante. Qui plus est, ce projet bénéficie d'un certain intérêt sur l'autre rive de l'Atlantique. Il n'est pas le premier, il est vrai. Depuis plusieurs années, Stormzy, Skepta et quelques autres ont capté cette même attention. Mais contrairement à eux, Dave n'est pas un rappeur grime. Avec quelques autres comme Fredo et J Hus, il renoue avec une autre tradition. Comme le London Posse, The Brotherhood ou Jehst à des époques différentes, plutôt que de représenter un genre purement national, cette nouvelle génération se contente de donner des couleurs spécifiques (accent anglais, voire tropisme jamaïcain), au modèle nord-américain dominant.

DAVE - Psychodrama

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BILAN - L'année rap 2016

, 22:49 - Lien permanent

L'importance excessive accordée en mai à la sortie de prison de Gucci Mane, bien que le temps fort de sa carrière ait eu lieu une décennie plus tôt, nous en donnait une illustration : nous faisions peut-être, en 2016, la même erreur que 20 ans plus tôt. Nous braquions l'essentiel de nos regards sur Atlanta quand nous parlions de rap, comme nous l'avions fait autrefois sur New York. Nous considérions que tout était là, que cette ville générait les grands classiques du genre. Nous peuplions nos classements d'une bonne moitié d'albums provenant de cet endroit. Le temps viendrait sans doute où il faudrait refaire l'histoire, et redécouvrir des dizaines de grands albums et mixtapes nés en d'autres endroits, et moins sujets à l'attention des médias. Mais dans l'instant, c'était toujours cette grande cité du Sud qui nous satisfaisait le plus, quand on constatait que Future, Young Thug, PeeWee Longway, 2 Chainz, Skooly, 21 Savage, Ralo, Hoodrich Pablo Juan, Johnny Cinco (et bien d'autres encore, non cités ici), étaient toujours ceux qui contentaient nos oreilles.

PEEWEE LONGWAY - Mr. Blue Benjamin

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