Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
Home

Aller au menu | Aller à la recherche

Désignez vos projets rap de l'année 2019

, 00:12 - Lien permanent

C'est désormais une institution. Année après année, les lecteurs de Fake For Real sont de plus en plus nombreux à s'exprimer pour désigner leurs albums rap préférés de l'année. La très riche année 2019 ne devrait pas faire exception. Vous avez quelques jours pour désigner vos 5 projets rap préférés de ces 12 derniers mois. Votre classement sera révélé en même temps que la sélection Fake For Real.

Lire la suite...

JAY-Z - American Gangster

, 23:01 - Lien permanent

Même si certains, parfois, tentent de nous faire croire le contraire, même s'ils veulent nous convaincre que Jay-Z est de nos jours toujours aussi pertinent, en vérité, son dernier grand album date de 2007. Il aurait même pu être plus ancien. Il aurait dû être le Black Album, en 2003, puisqu'à sa suite le rappeur avait annoncé sa retraite et que, quand était sorti l'album du retour, Kingdom Come, il avait été une déception. Mais une année après ce dernier, Hova avait retrouvé l'inspiration quand il avait découvert en avant-première American Gangster, le film de Ridley Scott sur Frank Lucas, un nabab de la drogue des années 70 qui avait réussi dans le commerce de l'héroïne. Grâce à ce dernier, Jay-Z revenait à ses fondamentaux, à son mythe originel : celui de l'ancien dealer devenu star du rap.

JAY-Z - American Gangster

Lire la suite...

KEVIN GATES - I'm Him

, 13:32 - Lien permanent

On aurait pu redouter que Kevin Gates nous fasse un Gucci Mane. Que, sorti de prison début 2018, il nous revienne musclé, rayonnant et en bonne santé, mais que son art ne soit plus que l'ombre de ce qu'il avait été. Ces craintes ont été alimentées quand il a commencé à manifester un intérêt prononcé pour sa forme physique et que, tout récemment, il s'est entretenu auprès du magazine Men’s Health de son régime sain à base de mangues. La face gentille de Kevin Gates, d'ailleurs, est très visible sur son second album officiel, I'm Him. L'homme de Baton Rouge est depuis longtemps un rappeur sensible, et ça fait un moment qu'il pousse la chansonnette. Ce sont ses marques de fabrique, ce à quoi il excelle. Mais cette fois, les mélodies sont plus présentes que jamais, et ses sentiments débordent quand, en fin d'album, il crie tout son amour pour sa femme et sa fille.

KEVIN GATES - I'm Him

Lire la suite...

JACKBOY - JackNDaBox

, 12:18 - Lien permanent

Comme Kodak Black, Pierre Delince est né en 1997, il vit à Pompano Beach, il est d'origine haïtienne, et sa vie est marquée par d'incessantes démêlées avec la justice et de fréquents séjours en prison. Les deux hommes, de fait, sont très proches. Dès 2016, quand le magazine XXL avait demandé au rappeur actuel le plus emblématique de la Floride qui mériterait de figurer avec lui parmi leurs fameux Freshmen, c'est son ami qu'il avait cité. C'est sur son label, Sniper Gang, que sévit aujourd'hui celui qui rappe sous le nom de Jackboy. Et en 2017, peu de temps après un premier tube appelé "Grimace", c'est en duo avec Kodak Black, avec le titre "From the G to the A", que ce dernier a connu son plus grand succès.

JACKBOY - JackNDaBox

Lire la suite...

BUCK 65 - Porch

, 22:53 - Lien permanent

Au moment où Buck 65 semblait à deux doigts de la réussite crossover, à l'époque où l'ancien bricoleur hip-hop et le parrain de l'improbable rap scène d'Halifax s'est retrouvé chez la major du disque Warner, toute une histoire a été bâtie autour de son personnage, toute une storyline : en ce milieu des années 2000, Rich Terfry était donc le rappeur qui s'était converti au folk et à la country. Tout cela n'était pas infondé. Amateur pur et dur de rap, à l'origine, le Canadien s'était bel et bien penché sur ces musiques, sous l'influence des rockeurs qui dominaient le premier label qu'il avait rejoint, Murder Records. Mais le trait a sans doute été trop forcé au moment de Talkin' Honky Blues, son album le plus markété. Et dès 2007, Buck 65 faisait marche arrière et semblait renouer avec le hip-hop, avec l'album Situation.

BUCK 65 - Porch

Lire la suite...

SYLVAIN BERTOT - Ladies First

, 07:00 - Lien permanent

Le petit quatrième de Fake For Real sera une fille. Ou plus exactement, cent filles. Le 21 novembre 2019, paraîtra en effet Ladies First. En ces heures où l'on célèbre Bbymutha, Cardi B, les City Girls, CupcakKe, Junglepussy, Kash Doll, Kodie Shane, Leikeli47, Little Simz, Lizzo, Megan Thee Stallion, Noname, Princess Nokia, Rapsody, Rico Nasty, Queen Key, Tierra Whack, Tommy Genesis, Tink et bien d'autres encore, en cette période où les rappeuses n'ont jamais autant occupé le haut de l'affiche, nous reviendrons sur la longue histoire des femmes dans le rap.

SYLVAIN BERTOT - Ladies First

Lire la suite...

LIL KEED - Long Live Mexico

, 22:36 - Lien permanent

Raqhid Render vient de Cleveland Avenue, la même rue d'Atlanta que celle où a grandi Young Thug. Aussi celui qui se ferait bientôt appeler Lil Keed marcha-t-il sur les pas de son aîné quand, sonné par la mort de son ami Rudy, il se mit à prendre le rap au sérieux. Il était le modèle évident à suivre. Ce jeune homme né en 1998 l'a lui-même confié : pour lui, T.I., c'est de la préhistoire, c'est de la musique de vieux. Sa définition du rap, sa vision de la trap music, il l'a acquise via Thugger. C'est ce qu'a démontré "Blicky Blicky", le morceau qui l'a fait connaître dans les clubs, puis ses mixtapes Trapped On Cleveland 2 et Keed Talk to 'Em. Et au terme de tout cela, ce qui devait arriver arriva : Young Thug lui-même s'amouracha de son disciple, et lui offrit une place sur son propre label, Young Stoner Life Records.

LIL KEED - Long Live Mexico

Lire la suite...

WU-TANG CLAN - 8 Diagrams

, 15:38 - Lien permanent

Le Wu-Tang Clan est l'un des plus grands groupes que le rap ait comptés, sinon le plus grand. Et pourtant, son impact est inéluctablement circonscrit aux années 90. Ses sorties événements datent de ces années-là. A l'exception de Ghostface Killah et du retour (surcoté) de Raekwon à ses bases sur Only Built 4 Cuban Linx... Pt. II, ses membres ont peu brillé par la suite. Pire encore, il n'a pas vraiment eu de postérité. Qui donc, en effet, ont été les héritiers du Wu-Tang ? Et pourtant, leurs sorties collectives des années 2000 sont plus qu'honorables, comme en 2007 ce 8 Diagrams, premier album après un silence de 6 ans et la mort d'Ol' Dirty Bastard.

WU-TANG CLAN - 8 Diagrams

Lire la suite...

DENZEL CURRY - ZUU

, 18:22 - Lien permanent

Depuis des lustres, on nous promet la mort de l'album. Le CD devait désacraliser ce format, le MP3 le rendre obsolète. Et maintenant c'est le streaming qui est censé lui donner le coup de grâce. Mais en réalité, rien ne change. Les gens qui ne s'intéressent qu'aux singles continuent à les privilégier. Et ceux qui préfèrent une immersion plus intense dans l'univers d'un artiste, optent encore et toujours pour la longueur. En réalité, en affranchissant les albums d'une durée minimale ou maximale, comme le faisaient les supports musicaux d'antan, le streaming aurait même tendance à en rétablir l'impact et la pertinence. Si certains continuent à opter pour des durées longues d'une heure et plus, d'autres au contraire vont lâcher tout ce qu'ils ont sur un temps plus dense et raisonnable, évitant ainsi la facilité du remplissage. Tel a été le cas de Denzel Curry sur son dernier opus, ZUU.

DENZEL CURRY - ZUU

Lire la suite...

GOLDLINK - Diaspora

, 18:18 - Lien permanent

Telle est la configuration générale du paysage rap américain contemporain. D'un côté, une multitude de scènes régionales dont les acteurs vivent dans l'instant et déploient de manière plus ou moins générique leur propre sous-genre de rap de rue. De l'autre, des artistes à rayonnement national qui conquièrent leur crédibilité et la considération de la critique par une posture plus intellectuelle et plus artistique, par un discours conscient du lourd héritage afro-américain dans lequel ils s'inscrivent, par une volonté constante de renouveler les formes, et par une ouverture plus large à d'autres genres musicaux que le leur. Dans cette catégorie vaste, née sans doute du succès de Kanye West, s'ébrouent aujourd'hui de grosses têtes d'affiche comme Kendrick Lamar, Tyler, the Creator, et une poignée d'autres.

GOLDLINK - Diaspora

Lire la suite...

M.I.A. - Kala

, 18:10 - Lien permanent

En 2008, sortait dans les salles Pineapple Express (en français Délire Express), une comédie américaine. Bien que ne figurant ni dans le film, ni dans sa B.O., le morceau "Paper Planes" servait à en illustrer la bande-annonce. Cela faisait déjà un an qu'existait l'album dont il était issu, Kala, le deuxième pour M.I.A., et il avait globalement bénéficié des égards de la critique. Mais tout à coup, à partir de l'été, ce titre allait cartonner dans le monde entier, son succès se trouvant décuplé par son apparition dans un autre film bien plus remarqué, Slumdog Millionnaire. Il serait alors repris en concert par Rihanna et samplé sur le "Swagger Like Us" de T.I., Kanye West, Jay-Z et Lil Wayne, un titre que, alors enceinte jusqu'au cou, M.I.A. interpréterait avec eux sur la scène des Grammy Awards, en 2009. Bref, "Paper Planes" serait l'apogée de la carrière de l'Anglaise d'origine sri-lankaise.

M.I.A. - Kala

Lire la suite...

SADA BABY - D.O.N. - Dat One Nigga

, 18:05 - Lien permanent

En 2017, Sada Baby aurait pu sortir l'album rap de l'année, mais il a réparti ses meilleurs morceaux sur deux projets distincts. Au lieu d'une œuvre parfaite, donc, ce sont deux mixtapes mémorables qu'il aura livrées : Skuba Sada, dont il a déjà été question ici, et la suivante, D.O.N. - Dat One Nigga, qui mérite tout autant qu'on s'y attarde. Comme la précédente, celle-ci révélait l'incroyable volubilité et la plasticité du garçon. A la façon des mouvements de danses étranges auxquelles il aime s'adonner, le rappeur partageait son goût pour les contorsions verbales. Dans un style de rap régional certes excellent mais parfois générique, celui de Detroit, le rappeur barbu faisait preuve d'une créativité et d'une diversité de folie. Et sur cet autre projet, il démontrait mieux encore l'étendue de son répertoire.

SADA BABY - D.O.N. - Dat One Nigga

Lire la suite...

YOUNG THUG - So Much Fun

, 22:33 - Lien permanent

Nous vivons une drôle d'époque, où le concept de premier album est devenu le contraire exact de ce qu'il est censé dire. Difficile, en effet, de qualifier So Much Fun comme tel. Cette sortie survient au terme d'une décennie dont Young Thug aura été l'un des principaux acteurs, et qu'il aura abondamment fourni en projets divers et variés. Tout aura commencé dès 2011, avec ces trois I Came from Nothing où son style était encore en gestation. Puis en 2013, il y eut le grand 1017 Thug, la mixtape de la révélation, où éclatait au grand jour la créativité folle du personnage. Suivirent les collaboratifs Black Portland, Young Thugga Mane La Flare et Tha Tour, Pt. 1, puis la sortie qui, aux yeux de beaucoup, fut celle de la consécration, Barter 6, celle où le rappeur peaufinait sa formule. Ont suivi la riche et prolifique série des Slime Season, Jeffery, puis ce Beautiful Thugger Girls où il se calmait encore, où il s'assagissait, où il devenait plus pop. Et encore, ceux-là n'ont été que ses projets les plus signifiants, il y en aura eu une poignée d'autres.

YOUNG THUG - So Much Fun

Lire la suite...

UGK - Underground Kingz

, 11:54 - Lien permanent

Aucun album ne mérite mieux qu'Underground Kingz le titre de “disque de la consécration”. Bien avant sa sortie, certes, Pimp C et Bun B avaient proposé ensemble plusieurs projets essentiels. Ils n'avaient même fait que cela. Leurs trois premiers albums, Too Hard to Swallow (1992), Super Tight (1994), et cette apothéose qu'avait été Ridin' Dirty (1996), sont tous de grosses références du rap. Mais ils étaient apparus trop tôt. Malgré un succès critique et commercial appréciable, le duo demeurait associé à sa scène régionale. C'est plus tard, avec l'appui de Jay-Z, et la sortie en commun de “Big Pimpin”, et dans une moindre mesure avec leur contribution au “Sippin' on Some Syrup” de Three 6 Mafia, que les Texans s'étaient imposés auprès d'un plus grand nombre, et qu'ils avaient été reconnus comme figures nationales de premier plan. Cependant, ils n'avaient pas capitalisé aussitôt sur cette notoriété. Leur quatrième album, Dirty Money, avait souffert d'un déficit de promotion. Et quelques mois plus tard, mi-2002, la peine de prison entamée par Pimp C avait placé la carrière du duo entre parenthèses.

UGK - Underground Kingz

Lire la suite...

BONES - WhiteRapper

, 23:45 - Lien permanent

Depuis ses débuts, il y a maintenant une décennie, Elmo O'Connor aurait sorti pas moins d'une soixantaine de projets, sous divers pseudonymes. Il a beau évoluer en marge de l'industrie du disque (dont il se méfie comme d'une peste), il a compensé son absence de soutien par une production pléthorique, laquelle lui a permis de se construire un public fidèle et de vivre confortablement de son art. La contrepartie, c'est qu'il est difficile de s'orienter dans sa discographie. Le projet qui l'a défini, cependant, est facile à repérer. Sorti au moment où celui qui s'appelait alors Th@ Kid allait étrenner, à 18 ans, le nom sous lequel il se ferait connaître, son titre disait de façon laconique ce que Bones était vraiment : un rappeur blanc.

BONES - WhiteRapper

Lire la suite...

BABY SMOOVE - Flawless

, 16:15 - Lien permanent

Qui a dit que le son de Detroit était toujours le même ? Malgré quelques traits musicaux en commun, Sada Baby n'est pas Payroll Giovanni, qui n'est ni Icewear Vezzo, ni Peezy, ni Drego & Beno. Et s'il faut aux sceptiques une meilleure preuve de la diversité des rappeurs issus de cette scène, alors Baby Smoove l'apporte. Ce dernier a beau être aussi prolifique que la plupart de ses compères (il a sorti trois projets cette année, Flawless, Mr. Perfect et Purple Heart) et livrer comme eux un rap de rue insolent obsédé par le fric, il s'en distingue par un phrasé détaché, tout en murmures, qui évoque davantage le style d'artistes de DMV comme Goonew, que celui généralement plus soutenu et plus énergique des rappeurs de sa ville.

BABY SMOOVE - Flawless

Lire la suite...

LIL BLOOD - Ndugu

, 12:43 - Lien permanent

En 2018, comme depuis à peu près toujours, une partie de la meilleure production rap des Etats-Unis nous est venue de la Baie de San Francisco. Et comme depuis à peu près toujours, une fois encore, elle est sous-médiatisée. Nous savons en effet peu de choses de celui qui, avec Ndugu ("frère", en langue swahilie), a sorti l'un des albums rap notables de l'an passé, sinon qu'il est originaire de West Oakland, qu'il fait partie de l'équipe Livewire (J Stalin, Shady Nate, Philthy Rich…), qu'il est actif depuis environ 2010, que son nom est familier de ceux qui suivent toutes les sorties de la région, et qu'il avait sorti peu avant un autre projet remarquable, Crack Baby, vanté avant tout le monde par le site très averti Pure Baking Soda.

LIL BLOOD - Ndugu

Lire la suite...

EEKWOL & MILS - The List

, 22:54 - Lien permanent

Lorsque qu'en 2004, à l'occasion de l'album Apprentice to the Mystery, on avait célébré Lindsay Knight, alias Eekwol, c'est en tant que chanteuse amérindienne qu'elle avait d'abord été présentée. Il est vrai que cette membre de la Première Nation de Muskoday est une universitaire versée dans l'étude des nations "natives", qu'elle s'est toujours posée en défenseuse de la culture crie, et qu'un morceau de son premier album rendait hommage à ses origines, en invitant un chanteur pow-wow. Mais ramener la nièce du musicien folk Chester Knight à cette seule qualité était réducteur. La plupart des titres de ce premier album abordaient d'autres sujets, tout comme ceux de son successeur trois ans après, The List.

EEKWOL & MILS - The List

Lire la suite...

PAYROLL GIOVANNI - January 30th

, 23:13 - Lien permanent

A force de se pencher sur tous ces rappeurs captivants que Detroit dégurgite sans arrêt, on en oublierait presque ceux par qui tout a commencé. Or, parmi ceux-là, figure incontestablement Payroll Giovanni. Certains vous diront qu'ils suivent cette scène depuis Blade Icewood, mais en vérité, c'est quand les Doughboyz Cashout ont été parrainés par Jeezy que l'on a commencé à s'y intéresser. Or, au sein de ce groupe, comme il allait le démontrer avec l'excellent Stack Season, Dior Giovanni Petty surnageait. A tel point qu'il a maintenant rejoint Def Jam, après avoir entretemps élargi son public grâce aux deux projets Big Bossin, avec Cardo.

PAYROLL GIOVANNI - January 30th

Lire la suite...

KANYE WEST - Graduation

, 12:42 - Lien permanent

Il est commode de diviser la carrière de Kanye West en deux grandes époques. La première, celle de la trilogie formée par The College Dropout, Late Registration et Graduation, celle où son rap gonflé aux samples soul était dans le prolongement de ses travaux pour Roc-A-Fella. Et la seconde, celle bien plus grande que le rap de My Beautiful Dark Twisted Fantasy, de Yeezus et de The Life of Pablo, où toute démesure était acceptable, où toute expérimentation était bonne à tenter. Et entre ces deux périodes, en 2008, l'album de la transition aurait été l'étonnant, l'influent et le déstabilisant 808s & Heartbreak, lequel n'était même pas un album de rap.

KANYE WEST - Graduation

Lire la suite...

- page 1 de 93