Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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POLO G - Die a Legend

, 18:23 - Lien permanent

C'est en prison qu'est né le Polo G que l'on connaît aujourd'hui. Avant cela Taurus Bartlett, en bon apprenti rappeur de Chicago, donnait plutôt dans une drill music générique. Mais en 2018, entre quatre murs, il choisit d'infléchir son style avec "Finer Things", un titre chantonné sur les notes d'un piano mélancolique, où il partageait sans trop y croire ses rêves d'une vie meilleure. Sorti quelques temps après, sa vidéo fut visionnée des millions de fois sur Youtube. Un peu plus tard, ce fut le tour de "Pop Out", un single enregistré avec le rappeur new-yorkais Lil Tjay de connaître le succès, de manière plus éclatante encore, permettant à Polo G de rejoindre Columbia et de devenir à 20 ans pile le next big thing du rap de Chicago.

POLO G - Die a Legend

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SYLVAIN BERTOT - Ladies First

, 10:14 - Lien permanent

Le petit quatrième de Fake For Real sera une fille. Ou plus exactement, cent filles. Le 21 novembre 2019, paraîtra en effet Ladies First. En ces heures où l'on célèbre Bbymutha, Cardi B, les City Girls, CupcakKe, Junglepussy, Kash Doll, Kodie Shane, Leikeli47, Little Simz, Lizzo, Megan Thee Stallion, Noname, Princess Nokia, Rapsody, Rico Nasty, Queen Key, Tierra Whack, Tommy Genesis, Tink et bien d'autres encore, en cette période où les rappeuses n'ont jamais autant occupé le haut de l'affiche, nous reviendrons sur la longue histoire des femmes dans le rap.

SYLVAIN BERTOT - Ladies First

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BILAN - L'année rap 2011

, 23:29 - Lien permanent

L'année 2011, celle du triomphe continu des monarques Jay-Z et Kanye, celle aussi du sommet de la hype autour d'Odd Future, celle enfin du cloud rap, ne s'est pas résumée à ces éléments, loin s'en faut. Si elle impose moins de classiques évidents que 2010, elle n'en pas moins manifesté un renouveau du rap, critique au moins, depuis l'underground jusqu'à ses sommets. Elle a été marquée par un regain d'intérêt pour le genre, qui se manifeste par l'émergence d'une nouvelle génération d'affamés, d'obédience trap et gangsta pour l'essentiel, comme par un retour en grâce de vieux loups, survivants du rap pour backpackers ou références de la West Coast, réveillés et stimulés par l'émergence d'une nouvelle génération.

DANNY BROWN - XXX

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PLIES - The Real Testament

, 23:40 - Lien permanent

"Tu peux me prendre cette merde rap, je trouverai un autre terrain de jeu. Ne te trompes pas, négro, (le rap) ça n'a jamais été mon rêve". Avec ces mots déclamés sur le titre introductif de son premier album officiel, The Real Testament, Plies déclarait que le rap était pour lui un moyen, davantage qu'une fin. Il marquait ainsi le glissement sémantique qu'avait opéré peu à peu le terme même de "real" au sein de la communauté rap. Un vrai rappeur, ce n'était plus quelqu'un qui s'illustrait par la qualité de son phrasé, la virtuosité de ses rimes ou la créativité de ses figures de style. Ce garçon de Fort Myers, en Floride, n'avait aucune de ces qualités. Non, un vrai rappeur, à l'époque de Plies, ce serait quelqu'un avec le bon pédigrée criminel, et qui prétendrait ne pas mentir sur son expérience de voyou.

PLIES - The Real Testament

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DANNY WINNIN - Going For the Win

, 23:33 - Lien permanent

Ça n'arrête pas, c'est un réservoir sans fin, une source inépuisable. Chaque année, depuis un bon moment déjà, Detroit est la scène rap la plus exaltante du monde. Elle est la plus prolifique, la plus riche. Et le plus fort dans tout ça, c'est qu'à chaque fois, ce sont de nouveaux noms qui sortent, c'est un autre artiste qui s'impose. Parmi la récente promotion, figure Danny Winnin. Celui-ci, à vrai dire, n'est pas tout à fait un nouveau-venu. Les plus avertis l'auront découvert ces deux dernières années grâce à The Chosen One et City of Bosses, des projets plus que recommandables sortis sous le pseudonyme alternatif de Danny Always Win (ou Alwayswin). Mais le plus récent Going For the Win mérite tout autant l'attention.

DANNY WINNIN - Going For the Win

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SA-ROC - Nebuchadnezzar

, 23:01 - Lien permanent

Rhymesayers a beau être un label rap progressiste et éclairé, être doté d'un grand sens éthique et abriter des rappeurs qui accordent de l'importance au message, à l'engagement et au sens de leurs paroles, il n'a jamais été spécialement ouvert aux femmes. Pendant longtemps, une rappeuse seulement, Psalm One, a figuré à son catalogue, et leur histoire commune s'est mal terminée. En effet, en 2015, après que leurs liens aient été rompus, cette dernière a accusé Rhymesayers de ne pas l'avoir assez appuyée. Mal à l'aise, le propriétaire du label, Siddiq, s'était alors excusé pour son manque d'ouverture aux artistes féminines. Et une année plus tard, comme pour y apporter réparation, il avait invité Sa-Roc à venir le rejoindre.

SA-ROC – Nebuchadnezzar

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BILAN - L'année rap 2017

, 00:04 - Lien permanent

"Nous sommes des stars de la pop. Le trap rap, c'est la variété de maintenant. Les oreilles des gens se sont adaptées à ce que nous disons, et à notre manière de le dire". Ces propos, tenus dans le magazine Rolling Stone en juin 2017, sont ceux d'un des gagnants de cette année-là, le vétéran 2 Chainz. Et ils résument assez bien l'état des lieux du rap d'alors. Cette trap music, apparue 15 ou 20 ans plus tôt, a pris tout ce temps pour s'imposer. Elle a d'abord été un sous-genre régional, centré à Atlanta. Elle est devenue ensuite le moteur du rap. Puis elle a été totalement commoditisée. Ce sont ses enfants, des rappeurs aux cheveux colorés et des adeptes du mumble rap qui, en 2017 gagnaient le coeur des adolescents.

LIL B - Black Ken

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TYLER, THE CREATOR - IGOR

, 16:21 - Lien permanent

Cela fait 10 ans maintenant que Tyler, the Creator a pris sa place dans le paysage du rap. Et à l'époque, il aurait été difficile de prédire le cours qu'a pris sa carrière. Dans un premier temps, on aurait pu penser que son rôle se serait limité in fine à celui de l'activiste, du leader, du gourou. Son destin aurait pu être, dans l'aventure Odd Future, de révéler de plus grands artistes que lui, comme Earl Sweatshirt, Frank Ocean, ou bien encore, en marge du collectif, Vince Staples. Ses premiers sorties ont été des événements, mais au bout du compte, tout sur Goblin, son premier album, n'était pas au niveau des abrasifs "Yonkers" et "Radicals", et ses projets d'après ont parfois déçu. Seulement voilà : une décennie plus tard, en 2019, Tyler Okonma est toujours là. Mieux, son cinquième album, IGOR, a été numéro 1 aux Etats-Unis, et il a recueilli des honneurs critiques presque unanimes.

TYLER, THE CREATOR - IGOR

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BILAN - L'année rap 2013

, 22:11 - Lien permanent

Gucci Mane s'était engagé à sortir un nouvel album chaque mois en 2013. La promesse semble bien avoir été tenue, et forcément, avec une telle productivité, tout cela s'est montré très inégal. C'est pourtant bien l'infréquentable Radric Davis qui sort encore gagnant de l'année, si ce n'est par ses propres mixtapes, au moins grâce à ses protégés, notamment les excellents Young Thug et Young Scooter, ainsi que via quelques autres artistes trap, d'Atlanta évidemment, mais aussi de Chicago, de la Baie de San Francisco et même de France, chez lesquels sévit son influence. Mais bien sûr, quelques autres aux styles distincts, voire contraires, insèrent aussi quelques albums et mixtapes parmi les meilleurs de l'année, d'une East Coast / Beast Coast rénovée, au second épisode de la déferlante drill music.

KEVIN GATES - The Luca Brasi Story

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AZJAH - Princess Diaries

, 16:32 - Lien permanent

La scène rap contemporaine, à Los Angeles, ne brille pas par sa représentation féminine. Récemment, pourtant, quelqu'un a pris la place, et revendiqué le titre de "Princess of Compton". La carrière d'Azjah n'a à vrai dire pas commencé d'un coup. La jeune femme s'est longtemps adonnée aux freestyles et à l'écriture en amateur, avant de faire parler d'elle. Il y a peu, cependant, un événement a précipité les choses : en mars 2017, à la suite de la condamnation à vie de son grand frère Cholo pour tentative de meurtre, elle lui a dédié un premier single, "The Warm Up". Celui-ci connut alors un certain succès viral, confirmé ensuite par un "Time For It" encore plus remarqué. Tout cela lui valut la reconnaissance de collègues prestigieux (DJ Mustard, YG, Ty Dolla $ign, etc.), ainsi qu'un contrat de distribution avec EMPIRE et, dans la foulée, les honneurs de la presse spécialisée.

AZJAH - Princess Diaries

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SLOWTHAI - Nothing Great about Britain

, 06:29 - Lien permanent

Tyron Frampton a décidé de nous parler de ce qui va mal en Grande-Bretagne. Et pour bien souligner le propos, il a voulu que son premier album voie le jour à la même date que le Brexit, le 29 mars 2019. Depuis, la sortie du royaume de l'UE a été repoussée, et celle de Nothing Great about Britain, le successeur très attendu au EP RUNT, l'a été également. Les deux ne coïncideront pas. Mais l'essentiel est là : c'est bel et bien un état des lieux de son pays que nous propose le rappeur qui, depuis que ses amis l'ont appelé ainsi en raison de ses absences et de ses bredouillements, répond au nom de Slow Ty, ou Slowthai, avec ou sans majuscule.

SLOWTHAI - Nothing Great about Britain

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STE STRAUSZ & ANTOINE DOLE - Fly Girls

, 06:41 - Lien permanent

Fly Girls est un hommage rendu aux femmes du hip-hop français. Il met en avant leur place, pas toujours très visible, mais parfois décisive, dans la grande épopée de ce mouvement dans notre pays. Il n'en retrace pas l'histoire. Seules quelques lignes évoquent la lente affirmation de la féminité, des filles au look unisexe des débuts aux premiers talons hauts. Cet ouvrage court ne livre pas non plus de biographie détaillée de ses protagonistes. Mais comme l'indique son sous-titre (histoires, avec un "s", du hip-hop féminin en France), il en dresse une série de portraits. Il le fait à travers quelques photos, les paroles de morceaux, ou encore des anecdotes révélatrices, à propos par exemple d'un concert de B-Love devant le château de Caen, au contact d'un public alors loin d'être conquis. Le but est, à travers quelques paragraphe sur chaque femme en question, de rendre compte d'un talent, d'un état d'esprit, d'un caractère ou d'une contribution essentielle.

STE STRAUSZ & ANTOINE DOLE - Fly Girls

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BILAN - L'année rap 2018

, 23:59 - Lien permanent

Depuis que la scène d'Atlanta semble avoir amorcé un déclin, il est difficile de dire quelle est maintenant la capitale du rap. Peut-être, d'ailleurs, n'y en a-t-il tout simplement plus. Et qu'en conséquence, ce qui a sans doute toujours été une réalité devient désormais plus visible : le rap qui compte, en fait, ce serait le rap régional. Ce serait ce qu'une multitude de scènes locales produisent de mieux, sans forcément le porter à l'attention du grand nombre. Moins que jamais, en effet, les albums les plus émoustillants sont ceux que l'on retrouve dans les listes de fin d'année des grands médias. Ce sont plutôt des projets épars, provenant de ces centres féconds que sont la Bay Area, le Los Angeles d'03 Greedo et de Drakeo the Ruler, une ville de Detroit qui avait déjà été la plus satisfaisante en 2017, un New-York dégradé dans la hiérarchie du rap, mais qui a toujours de beaux restes, ou encore la Floride de Kodak Black, celle qui doit davantage à Lil Boosie qu'à Trick Daddy. Sans oublier, naturellement, une musique démunie de toute attache locale forte, mais popularisée à travers SoundCloud et les autres plateformes Internet. Toutes ces sources, toutes ces tendances, ce rap certes hégémonique, mais plus que jamais complexe et éclaté, on les retrouve plus ou moins parfaitement dans les sélections ci-dessous, celle de Fake For Real, tout comme celle de ses lecteurs.

03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

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