Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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GANGSTA BOO & LA CHAT - Witch

, 23:19 - Lien permanent

Comme le veut une règle tacite en matière de hip-hop féminin, celle selon laquelle deux rappeuses ne peuvent coexister, on a parfois opposé La Chat à Gangsta Boo. Elles n'ont pourtant jamais vraiment marché sur les plates-bandes l'une de l'autre. Alors que la seconde a fait partie de Three 6 Mafia, la première n'aura été qu'une affiliée (certes très très proche de la bande). Alors que Lola Mitchell a parfois joué de la carte sexy de mise, à l'époque où elle a émergé, à la fin des années 90, Chastity Daniels, elle, n'a jamais été qu'une furie et une sauvageonne, encore plus unilatéralement hardcore que l'autre. Par ailleurs, elles n'ont jamais été en conflit.

GANGSTA BOO & LA CHAT - Witch

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BILAN - La décennie rap 2010-2019

, 00:10 - Lien permanent

Saucissonner la musique en décennies est absurde, cela n'a pas de sens. Il n'y a pas d'épisodes, dans son histoire. Il n'y a pas de début, pas de fin. Elle n'est qu'un continuum, parcouru par de multiples voies, autoroutes comme chemins de traverse, qui se croisent et qui s'entrecroisent continument. Et pourtant, quand on jette un regard en arrière vers le rap des années 2010 à 2019, on peut lire comme un récit. Cette décennie, qui avait commencé dans le bruit et la fureur d'une trap à la mode Waka Flocka Flame, Lex Luger et "B.M.F.", s'est achevé avec une cohorte de rappeurs fatigués, qui ont abandonné leurs voix tonitruantes et leur musique clinquante au profit de chantonnements, de marmonnements et de susurrements. C'est comme si les rappeurs étaient passés de la fête à la gueule de bois, comme s'ils payaient le contrecoup des drogues qui, un temps, les avaient euphorisés.

VINCE STAPLES - Shyne Coldchain Vol 2

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SYLVAIN BERTOT - Ladies First

, 07:00 - Lien permanent

Le petit quatrième de Fake For Real est une fille. Ou plus exactement, il est cent filles. Le 21 novembre 2019, est paru en effet Ladies First. En ces heures où l'on célèbre Bbymutha, Cardi B, les City Girls, CupcakKe, Junglepussy, Kash Doll, Kodie Shane, Leikeli47, Little Simz, Lizzo, Megan Thee Stallion, Noname, Princess Nokia, Rapsody, Rico Nasty, Queen Key, Tierra Whack, Tommy Genesis, Tink et bien d'autres encore, en cette période où les rappeuses n'ont jamais autant occupé le haut de l'affiche, nous revenons sur la longue histoire des femmes dans le rap.

SYLVAIN BERTOT - Ladies First

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SHEFF G - The Unluccy Luccy Kid

, 23:10 - Lien permanent

Perçu à l'origine comme un sous-genre de la trap music d'Atlanta, la drill de Chicago n'a cessé, à son tour, d'engendrer des rejetons, aux Etats-Unis comme ailleurs. L'ailleurs, c'est la France, où la version locale de la trap lui doit en fait beaucoup, même si elle ne porte pas son nom. Mais c'est aussi, et même surtout, la Grande-Bretagne, où l'on parle depuis un moment déjà de la UK drill. Et aux Etats-Unis, c'est rien de moins que Brooklyn. Or, cette drill new-yorkaise, qui doit souvent plus à sa cousine anglaise qu'à sa mère chicagoane, Sheff G a été l'un des premiers à la faire connaître, en 2017, avec le titre "No Suburban", une réponse au "Suburban” de 22gz, un rappeur des Blixky Boys, gang rival au sien, M8V3N.

SHEFF G - The Unluccy Luccy Kid

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LORD INFAMOUS - The Man, The Myth, The Legacy

, 22:58 - Lien permanent

L'homme, le mythe, le legs. Le titre de ce disque ressemblait déjà à une épitaphe. Alors forcément, quand on connaît la suite, quand on sait que six années plus tard, en 2013, Ricky Dunigan est mort dans son sommeil à tout juste 40 ans, cet album solo prend une dimension particulière. Sorti sur Black Rain Entertainment, le label qu'il a cofondé avec II Tone après une période marquée par la prison et par son départ de Three 6 Mafia, il sonne rétrospectivement comme un testament pour Lord Infamous, co-fondateur du plus emblématique des groupes rap de Memphis. D'autant plus qu'il se montrait, et qu'il se montre encore, tout à fait honorable.

LORD INFAMOUS - The Man, The Myth, The Legacy

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DJ PAUL - Scale-A-Ton (Skeleton)

, 23:06 - Lien permanent

Au cœur des années 2000, la Three 6 Mafia était au sommet de sa gloire : depuis le début de la décennie, tous leurs albums se vendaient bien, et leur musique avait été couronnée par cet improbable Oscar reçu en 2006. Très logiquement, avec le succès, leur rap autrefois infréquentable s'était affadi. Cependant, au terme de ces dix années, Juicy J et DJ Paul manifestaient l'un comme l'autre une volonté de retour aux sources. Pour le premier, celui-ci allait se concrétiser sur l'album Hustle till I Die, puis prendre la forme de ses mixtapes, notamment les deux volumes de Rubba Band Business. Et pour le second, cela se traduisait par la création de son label Scale-A-Ton Entertainment, et par la sortie de l'album solo du même nom.

DJ PAUL - Scale-A-Ton (Skeleton)

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JUNGLE MUZIK LARRY - 56DD

, 11:14 - Lien permanent

Aux yeux du monde, le rap de Baton Rouge est représenté aujourd'hui par Kevin Gates et NBA YoungBoy, tous deux signés sur la major Atlantic. Mais comme pour tout artiste ayant atteint une stature nationale, leur rap douceâtre et lent, ne rend plus tout à fait compte de ses origines. Jungle Muzik Larry, lui, est nettement moins illustre. Aperçu dès 2016 sur "Cross Me", au côté de 70th Street Carlos, autre valeur montante de la ville, il rayonne peu au-delà de sa chaîne Youtube. Son seul fait d'arme est d'avoir été désigné en 2017, par le magazine XXL, comme l'un des rappeurs à surveiller dans la capitale de la Louisiane. Cependant, comme l'a démontré l'an dernier la très bonne mixtape 56DD, son style est bien plus fidèle à la formule qui, autrefois, avait permis de placer Baton Rouge sur la carte du rap.

JUNGLE MUZIK LARRY - 56DD

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GUCCI MANE - Ice Attack

, 22:30 - Lien permanent

Quelle a donc été la grande année de Gucci Mane ? Est-ce 2016, celle où, sorti de prison et reconnu comme la principale influence de la génération actuelle, il faisait enfin l'unanimité ? Ou bien est-ce le début de la décennie 2010, par procuration, quand se sont illustré ses disciples du 1017 Brick Squad, les Waka Flocka Flame, OJ da Juiceman, Young Thug, Young Scooter, et même Chief Keef ? Ou alors sont-ce ces années folles qu'ont été 2008 et 2009, quand il a inondé le marché avec ses mixtapes, notamment Writing on the Wall, ses deux The Movie avec DJ Drama et la série des Cold Wars ? Ou est-ce tout bonnement 2006, l'année de Chicken Talk, la première des mixtapes qui ont fait sa légende, pour beaucoup sa meilleure ?

GUCCI MANE - Ice Attack

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Désignez vos projets rap de la décennie 2010-2019

, 00:55 - Lien permanent

Après avoir voté chaque année pour leurs albums rap préférés, il est temps pour les lecteurs de Fake For Real de se pencher une dernière fois sur l'ensemble de la décennie écoulée. Désignez ci-dessous les dix œuvres rap que vous retenez des années 2010 à 2019. En parallèle, vous pourrez découvrir notre propre sélection.

ED PISKOR – Hip-Hop Family Tree

, 11:07 - Lien permanent

S'il fallait résumer la culture hip-hop par un seul mot, le plus adéquat serait créativité. Créativité de la musique, bien sûr. Créativité de ces disciplines qu'on été le graff, la danse, le beatboxing, et d'autres encore. Créativité aussi, dans la façon dont son histoire a été contée. Car si certains ont écrit des ouvrages au format académique pour relater l'épopée de cette culture et de sa composante musicale, le rap, d'autres l'on fait sous la forme de listes comme avec le culte Ego Trip's Book of Rap Lists, ou de livres de coloriages comme ceux de Shea Serrano. Ed Piskor, quant à lui, a usé de son talent éprouvé d'auteur de comics. Après avoir livré en bandes-dessinées une histoire de la beat generation, The Beats: A Graphic History, il en a fait de même avec son autre passion, le hip-hop des premières années, via une série de livres toujours en cours de rédaction, mais déjà culte.

ED PISKOR – Hip-Hop Family Tree

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BILAN - L'année rap 2019

, 23:59 - Lien permanent

Et voilà. Une décennie de rap de plus qui s'achève. La plus triomphale sans doute pour cette musique, tant elle coule de source, tant elle domine maintenant toutes les autres. La production d'aujourd'hui est si pléthorique, ça tire tellement dans tous les sens, qu'il est de plus en plus difficile d'en repérer les vraies pépites par delà les grosses machines vantées par les milieux consanguins de l'industrie et de la critique, qu'il est de plus en plus difficile de séparer les bons grains de l'ivraie.

BILLY WOODS & KENNY SEGAL - Hiding Places

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PNL - Deux Frères

, 20:51 - Lien permanent

Ca y est. Maintenant, la campagne marketing est terminée, la furie médiatique s'est apaisée, les gens sont passés à autre chose. Si ce n'est dans les divers bilans de fin d'année, où ils figurent souvent en bonne place, on parle moins de PNL et de leur dernier opus. Aussi, dans le calme et dans la quiétude, n'y a-t-il pas de meilleur moment pour se pencher enfin sur Deux Frères, quitte à répéter une bonne part de ce qui a déjà été dit sur ce disque. Car en toute circonstance, c'est sur la longueur que s'apprécie la musique du duo de Corbeil-Essonnes. C'est rarement dès la première écoute qu'elle se dévoile pleinement. Et comme le dit le slogan même du présent blog, il n'y a jamais d'urgence à parler d'un bon disque. Si celui-ci est satisfaisant à sa sortie, il devrait l'être autant 6 mois ou 6 ans après.

PNL - Deux Frères

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SAMEER AHMAD - Apaches

, 20:21 - Lien permanent

Bénéficiant des honneurs critiques depuis son album de 2014, Perdants Magnifiques, mais actif depuis plus longtemps encore, Sameer Ahmad fait du bon travail. Plus discret que beaucoup de rappeurs, il est une valeur plus sûre que la plupart. Cependant, sur son dernier projet, sorti à la mi-année, le garçon de Montpellier a mis les bouchées doubles. D'une durée courte, condensé, Apaches a tout d'abord profité d'un nombre appréciables de renforts. Parmi ceux qui ont concouru à la création de ce bel objet, figurent ces vieilles connaissances que sont les illustrateurs Lasse Russe et Hector de la Vallée, presque autant de producteurs que de morceaux, et les rappeurs LK de l'Hôtel Moscou et Nakk Mendosa. Mais que l'on ne s'y trompe pas, cet album est en premier lieu la chose de Sameer Ahmad.

SAMEER AHMAD - Apaches

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NICOLAS ROGES - Move On Up

, 12:29 - Lien permanent

Nicolas Rogès ne s'est pas moqué de nous, ils nous en donne pour notre argent. Avant de s'attaquer, dans cette anthologie de la soul music, à l'habituelle sélection de 100 albums qui caractérise les parutions chez Le Mot et le Reste, c'est bien plus qu'une simple introduction qu'il nous livre. Le premier volet de l'ouvrage, en effet, dépasse les 80 pages. Au-delà même de ces années 60 et 70 qui ont été l'apogée de ce style musical, c'est tout un pan de l'épopée des musiques afro-américaines qu'il retrace, du rythm'n'blues de l'Après-Guerre à l'ère contemporaine, où la soul, selon l'auteur loin d'être morte, survit dans le hip-hop, ou sous son influence. C'est aussi, plus largement, l'histoire très tourmentée des Noirs en Amérique que Nicolas Rogès retrace, leur musique ne pouvant se comprendre sans ce contexte.

NICOLAS ROGES - Move On Up

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PEEZY - No Hooks II

, 23:18 - Lien permanent

Cette formule lui avait réussi l'an dernier quand, sur une sortie courte et gratuite, Team Eastside Peezy avait délivré ses raps sans fard, d'un seul trait, sur des morceaux dépourvus de refrains. Aussi a-t-il récidivé, début 2019, avec un second volet de ce No Hooks. Celui-ci est un peu plus long avec ses dix morceaux, il compte cette fois quelques invités, Roley Gang Blue et Lil Perry sur "G5", et le plus illustre Payroll Giovanni sur "Loyal to the Game", et il est à vrai dire un poil moins homogène. Mais tout de même, il est proche de son prédécesseur, qualitativement parlant. Il apporte au répertoire de Peezy une autre poignée de morceaux de choix, par exemple "No Limit", "Got It All Day", ou bien encore "Crime Stoppers".

PEEZY - No Hooks II

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BOSS HOGG OUTLAWZ - Serve & Collect

, 23:07 - Lien permanent

Il y a un parcours bien défini, si l'on est un rappeur et que l'on souhaite bâtir son empire, et Slim Thug l'a suivi. Le Texan a d'abord intégré un label local respecté, en l'occurrence le Swishahouse de Michael "5000" Watts et d'OG Ron C, puis il s'est fait un nom en inondant le marché local avec ses mixtapes, au début des années 2000. Il a ensuite rejoint la major Interscope pour lancer son premier album commercial, Already Platinum, puis il a placé ses pions en créant autour de lui son propre label-équipe, Boss Hogg Outlawz, lequel a suivi à son tour le même chemin : ses membres ont sorti plusieurs mixtapes, avant de concrétiser par une sortie plus officielle. Certes, Already Platinum n'a en fait pas été disque de platine, mais son succès fut tout de même considérable. C'est vrai, les Boss Hogg Outlaws ne sont pas devenus un nouveau Wu-Tang Clan, seuls quelques-uns ont fait un peu parler d'eux plus tard, mais leur premier album était tout à fait appréciable.

SLIM THUG & BOSS HOGG OUTLAWZ - Serve & Collect

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SHITTYBOYZ- 3-Peat

, 22:59 - Lien permanent

C'est désormais une chose admise, la scène de Detroit nous offre le rap le plus affriolant de cette fin de décennie. En cette année 2019 où il semble pour de bon sur tous les écrans radar, le buzz est venu des ShittyBoyz, avec la sortie cet été de leur album 3-Peat, suivi en octobre par un solo de BabyTron, le membre le plus éminent du trio. Si ces trois-là ont su captiver l'attention, c'est qu'ils sont apparus comme le groupe manifeste d'un nouveau mouvement, et qu'ils se sont distingués sur trois dimensions fondamentales en musique : le son, le thème et l'apparence.

SHITTYBOYZ- 3-Peat

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DANNY BROWN - Uknowhatimsayin¿

, 23:07 - Lien permanent

Aujourd'hui, quand on parle du rap de Detroit, c'est à Payroll Giovanni, Tee Grizzley, Sada Baby, Team Eastside Peezy, FMB DZ, Icewear Vezzo, voire aux ShittyBoyz, que l'on songe spontanément. Ces cinq dernières années, le rap de rue local a effacé l'ancienne scène à laquelle la ville était autrefois associée, celle du hip-hop undeground, battle et backpacker qui a engendré des talents aussi divers et contrastés qu'Eminem et Jay Dilla. Celle-ci, pourtant, existe toujours, à travers la production traditionaliste et boom bap d'Apollo Brown et de Black Milk. Elle a même encore à nous apporter grâce au plus neuf de ses vétérans, ce Danny Brown qui a dû attendre d'avoir trente ans pour percer, à l'époque de l'album XXX. Alors qu'il approche maintenant de la quarantaine, il fait preuve de l'excentricité et de la créativité qui trop souvent, font défaut à ses collègues et à ses partenaires.

DANNY BROWN - Uknowhatimsayin¿

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JAY-Z - American Gangster

, 23:01 - Lien permanent

Même si certains, parfois, tentent de nous faire croire le contraire, même s'ils veulent nous convaincre que Jay-Z est de nos jours toujours aussi pertinent, en vérité, son dernier grand album date de 2007. Il aurait même pu être plus ancien. Il aurait dû être le Black Album, en 2003, puisqu'à sa suite le rappeur avait annoncé sa retraite et que, quand était sorti l'album du retour, Kingdom Come, il avait été une déception. Mais une année après ce dernier, Hova avait retrouvé l'inspiration quand il avait découvert en avant-première American Gangster, le film de Ridley Scott sur Frank Lucas, un nabab de la drogue des années 70 qui avait réussi dans le commerce de l'héroïne. Grâce à ce dernier, Jay-Z revenait à ses fondamentaux, à son mythe originel : celui de l'ancien dealer devenu star du rap.

JAY-Z - American Gangster

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KEVIN GATES - I'm Him

, 13:32 - Lien permanent

On aurait pu redouter que Kevin Gates nous fasse un Gucci Mane. Que, sorti de prison début 2018, il nous revienne musclé, rayonnant et en bonne santé, mais que son art ne soit plus que l'ombre de ce qu'il avait été. Ces craintes ont été alimentées quand il a commencé à manifester un intérêt prononcé pour sa forme physique et que, tout récemment, il s'est entretenu auprès du magazine Men’s Health de son régime sain à base de mangues. La face gentille de Kevin Gates, d'ailleurs, est très visible sur son second album officiel, I'm Him. L'homme de Baton Rouge est depuis longtemps un rappeur sensible, et ça fait un moment qu'il pousse la chansonnette. Ce sont ses marques de fabrique, ce à quoi il excelle. Mais cette fois, les mélodies sont plus présentes que jamais, et ses sentiments débordent quand, en fin d'album, il crie tout son amour pour sa femme et sa fille.

KEVIN GATES - I'm Him

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