Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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BILAN - L'année rap 2018

, 23:59 - Lien permanent

Depuis que la scène d'Atlanta semble avoir amorcé un déclin, il est difficile de dire quelle est maintenant la capitale du rap. Peut-être, d'ailleurs, n'y en a-t-il tout simplement plus. Et qu'en conséquence, ce qui a sans doute toujours été une réalité devient désormais plus visible : le rap qui compte, en fait, ce serait le rap régional. Ce serait ce qu'une multitude de scènes locales produisent de mieux, sans forcément le porter à l'attention du grand nombre. Moins que jamais, en effet, les albums les plus émoustillants sont ceux que l'on retrouve dans les listes de fin d'année des grands médias. Ce sont plutôt des projets épars, provenant de ces centres féconds que sont la Bay Area, le Los Angeles d'03 Greedo et de Drakeo the Ruler, une ville de Detroit qui avait déjà été la plus satisfaisante en 2017, un New-York dégradé dans la hiérarchie du rap, mais qui a toujours de beaux restes, ou encore la Floride de Kodak Black, celle qui doit davantage à Lil Boosie qu'à Trick Daddy. Sans oublier, naturellement, une musique démunie de toute attache locale forte, mais popularisée à travers SoundCloud et les autres plateformes Internet. Toutes ces sources, toutes ces tendances, ce rap certes hégémonique, mais plus que jamais complexe et éclaté, on les retrouve plus ou moins parfaitement dans les sélections ci-dessous, celle de Fake For Real, tout comme celle de ses lecteurs.

03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

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BILLY WOODS & KENNY SEGAL - Hiding Places

, 22:36 - Lien permanent

C'est un détail qu'on avait remarqué l'an passé, au moment où avait été vanté le troisième album d'Armand Hammer, Paraffin. Parmi les producteurs, contribuant à deux titres, figurait une vieille connaissance issue de la Côte Ouest : Kenny Segal. Et si l'on était plus vigilant encore, on notait qu'il avait déjà participé à Rome, le projet précédent. C'est via Elucid que la connexion entre le duo new-yorkais et l'héritier de la vaste communauté Project Blowed, s'est d'abord effectuée. Ils s'étaient côtoyés en 2015 sur le So the Flies don't Come de Milo (enfin, milo…), que Kenny Segal avait produit. Mais après la collaboration de l'an dernier, c'est avec l'autre moitié d'Armand Hammer, Billy Woods (enfin, billy woods…) que s'est embarqué le Californien, et qu'il a livré l'un des meilleurs albums du début 2019.

BILLY WOODS & KENNY SEGAL - Hiding Places

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CESCHI - Sad, Fat Luck

, 22:09 - Lien permanent

Si l'on excepte des projets annexes comme ses Elm St. Sessions de l'an passé, Ceschi n'est pas d'une productivité folle. Ses albums officiels, il les peaufine, et il n'en sort que tous les quatre ou cinq ans. Mais en 2019, il semble résolu à mettre les bouchées doubles. Il a prévu d'en sortir par moins de trois. Disponible depuis début avril Sad, Fat Luck entame la série, et le moins que l'on puisse dire, à son écoute, c'est que le temps n'a pas changé grand-chose à l'affaire. Il s'agit encore d'une collaboration avec Factor Chandelier, où il partage ses états d'âmes avec un premier degré presque embarrassant, mais où il réalise de main de maître une alliance quasi parfaite de tous les styles musicaux imaginables, folk et rap en tête.

CESCHI - Sad, Fat Luck

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PROJECT SWIFT - Thug Motivation 101

, 11:33 - Lien permanent

Le monde du rap de rue est cruel. C'est un panier de crabes. Il grouille tant, ses aspirants stars sont si nombreux, ses formules sont si génériques, ses thèmes si bateau, qu'il est souvent ardu de se distinguer du lot, tout spécialement quand on vient d'une scène aussi peu identifiée que celle de St. Petersburg, dans la banlieue de Tampa. Aussi Project Youngin a-t-il mis les bouchées doubles, quand il a lancé sa carrière il y a quelques années. Le garçon dont le vrai nom est Rasheed Jamaal Hall a mobilisé rien de moins que 500 000 dollars pour parvenir à ses fins, il a sorti des mixtapes à tire-larigot, et il a rameuté quelques figures du rap du Sud sur ses morceaux (Lil Baby sur "Balmains", YoungBoy NBA sur "Biggest Blessing", Ralo sur "Family Eats"). Aussi, conscient qu'un rappeur gangsta se doit de faire les gros titres des faits divers, il a posté sa photo sur Instagram après avoir été attaqué par des chiens policiers, et il a simulé sa mort sur la vidéo de "Thug Souljas". Et cela a marché. A force, il s'est créé un public conséquent sur les réseaux sociaux.

PROJECT SWIFT -  Thug Motivation 101

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42 DUGG - Young and Turnt

, 22:47 - Lien permanent

L'heure de l'expansion nationale a bel et bien sonné pour le rap de rue de Detroit. Depuis plusieurs années, à partir du moment où les Doughboyz Cashout ont rejoint le CTE World de Jeezy, il a cessé d'être circonscrit à la scène locale et condamné à la confidence. La signature de 42 Dugg sur le Collective Music Group de Yo Gotti (via le 4PF de Lil Baby), juste après que l'homme d'East Side se soit fait remarquer avec le single "The Streets", en est une autre preuve. La première manifestation de cette alliance, le projet Young and Turnt, reflète l'ouverture du rap de Detroit, quelques invités étant, outre Yo Gotti et Lil Baby eux-mêmes, le rappeur de Memphis Blac Youngsta, autre membre de l'écurie CMG, et ce bon vieux PeeWee Longway. Cependant, tout cela demeure à 100% du rap de Detroit.

42 DUGG - Young and Turnt

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SYLVAIN BERTOT - Mixtapes

, 22:44 - Lien permanent

Et de trois. Fake For Real a récemment publié (le 18 mai 2017 plus exactement) une troisième anthologie sur le rap. Après avoir traité du genre dans son ensemble, puis du mouvement hip-hop underground qui a sévi autour de l'an 2000, nous nous penchons cette fois sur la fabuleuse histoire des mixtapes. Nous retraçons l'épopée de ce format à travers ses multiples métamorphoses, en nous concentrant, comme avec les ouvrages précédents, sur l'espace nord-américain.

SYLVAIN BERTOT - Mixtapes

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DAVE - Psychodrama

, 22:34 - Lien permanent

L'album Psychodrama a été numéro 1 en Grande-Bretagne, une conséquence de l'engouement né autour de David Orobosa Omoregie, dit Dave, après ses premiers freestyles, puis avec la sortie de Six Paths en 2016, et de Game Over l'année suivante. Qui plus est, ce projet bénéficie d'un certain intérêt sur l'autre rive de l'Atlantique. Il n'est pas le premier, il est vrai. Depuis plusieurs années, Stormzy, Skepta et quelques autres ont capté cette même attention. Mais contrairement à eux, Dave n'est pas un rappeur grime. Avec quelques autres comme Fredo et J Hus, il renoue avec une autre tradition. Comme le London Posse, The Brotherhood ou Jehst à des époques différentes, plutôt que de représenter un genre purement national, cette nouvelle génération se contente de donner des couleurs spécifiques (accent anglais, voire tropisme jamaïcain), au modèle nord-américain dominant.

DAVE - Psychodrama

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BILAN - L'année rap 2016

, 22:49 - Lien permanent

L'importance excessive accordée en mai à la sortie de prison de Gucci Mane, bien que le temps fort de sa carrière ait eu lieu une décennie plus tôt, nous en donnait une illustration : nous faisions peut-être, en 2016, la même erreur que 20 ans plus tôt. Nous braquions l'essentiel de nos regards sur Atlanta quand nous parlions de rap, comme nous l'avions fait autrefois sur New York. Nous considérions que tout était là, que cette ville générait les grands classiques du genre. Nous peuplions nos classements d'une bonne moitié d'albums provenant de cet endroit. Le temps viendrait sans doute où il faudrait refaire l'histoire, et redécouvrir des dizaines de grands albums et mixtapes nés en d'autres endroits, et moins sujets à l'attention des médias. Mais dans l'instant, c'était toujours cette grande cité du Sud qui nous satisfaisait le plus, quand on constatait que Future, Young Thug, PeeWee Longway, 2 Chainz, Skooly, 21 Savage, Ralo, Hoodrich Pablo Juan, Johnny Cinco (et bien d'autres encore, non cités ici), étaient toujours ceux qui contentaient nos oreilles.

PEEWEE LONGWAY - Mr. Blue Benjamin

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BILAN - L'année rap 2009

, 23:20 - Lien permanent

L'année 2009 a été, d'après l'excellent critique américain David Drake, l'une des plus grandes de l'histoire du rap, et cela pour une raison : au moment même où presque aucun album commercial ne nous offrait de quoi nous mettre sous la dent, les mixtapes ont pris le relai. Tout ce qui s'était passé avec ce format les dix dernières années, avec 50 Cent, avec DJ Drama, avec Lil Wayne, aboutissait à un déluge de sorties digitales gratuites, dont beaucoup, plus tard, allaient acquérir le statut de classique. Parmi cette profusion, deux grandes tendances pouvaient être distinguées : d'un côté un pop rap introspectif, nerdy, éclectique et adepte de mélange des genres, héritier de Kanye West et de Lupe Fiasco, et représenté par Kid Cudi, XV et la future méga-star canadienne Drake ; de l'autre, Atlanta et la trap music tardive, incarnée par les fous furieux de 1017 Squad comme Waka Flocka Flame et OJ da Juiceman, et bien sûr leur leader, Gucci Mane, qui traversait là, sans doute, son plus grand moment. Et quoi de plus logique : 2009 a été l'année des mixtapes, et l'empereur des mixtapes, éternellement, c'est Guwop. A moins que Lil Boosie, qui était aussi à son sommet, n'ait alors mérité ce titre...

xx

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SADA BABY - Bartier Bounty

, 22:36 - Lien permanent

Pour ceux qui, en 2017, ont découvert Skuba Sada et Dat One Nigga, il n'y avait pas l'ombre d'un doute : le prochain Sada Baby allait être l'album rap le plus attendu de 2018. A une époque dont on se souviendra plus tard comme l'âge d'or de la scène de Detroit, le barbu furieux que Tee Grizzley avait pris sous son aile apportait exactement ce qu'il lui fallait au rap de rue local : une voix furieuse, un style débordant de folie, une euphorie si difficile à contenir qu'elle se traduisait, dans ses vidéos, par d'étranges danses démantibulées. "Bloxk Party", une collaboration avec Drego, n'a fait ensuite que décupler cette attente. Il a pourtant fallu prendre son mal en patience, car ça n'est qu'en 2019 qu'est finalement sorti Bartier Bounty. Mais cela n'est pas bien grave : car pour l'essentiel, il déçoit peu.

SADA BABY - Bartier Bounty

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COOKIE MONEY - Rich Orphan

, 22:43 - Lien permanent

Cela fait plusieurs années que Cookie Money ajoute son nom à la longue liste des rappeurs de la Bay Area. Ce garçon, aperçu tout d'abord auprès des Angelenos YG et DJ Mustard (c'est ce dernier qui l'aurait encouragé à passer au rap), et que l'on associe souvent à Philthy Rich (ils ont livré ensemble un Philthy Money EP), sort des mixtapes depuis 2014. Au fil de ces dernières, on l'a vu côtoyer des références comme Boosie Badazz, E-40, Rich the Kid, Young Dolph et Zaytoven. En 2017, le single "Pops Died Last Week" (c'était la réalité, son père venait de mourir) ainsi qu'un projet remarqué, Cookie World 2.5, l'ont aidé à devenir plus visible, puis il a confirmé en 2018 avec l'un des projets rap mémorables de l'année, Rich Orphan.

COOKIE MONEY - Rich Orphan

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BILAN - L'année rap 2012

, 12:30 - Lien permanent

Du vieux, du neuf. Des vétérans new-yorkais qui réussissaient leur retour et des rappeurs récents qui parvenaient à ressembler à des vétérans new-yorkais. D'anciens backpackers en forme. Des jeunes gens qui réinventaient à leur sauce le Memphis rap de 1995. Des rappeurs engagés, des gangsters sensibles et des toxicomanes narquois. Une majorité d'hommes, mais aussi toutes sortes de femmes. Du swag rap, du cloud rap et du trap rap impénitent. De la drill music de Chicago, dont ce fut la grande année. Et des types diamétralement opposés de hip-hop français. Toutes les formes de rap ont eu leur mot à dire en 2012, en ces années 2010 que ce genre a entamé plus vigoureux et plus triomphal que jamais.

RICK ROSS - Rich Forever

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LPB POODY - Streetz Callin

, 22:15 - Lien permanent

Au début, il y avait Kodak Black. Après surgit Glokknine, dont on eut l'impression qu'il était son clone. Puis vint le tour de Robert Lee Perry Jr., alias LPB Poody, et cette fois, on avait encore plus franchement le sentiment qu'il était une réplique de Glokknine. Ce qui était somme toute logique, puisque c'est auprès de lui que cet autre habitant d'Orlando s'était d'abord manifesté, avant que les deux rappeurs ne se fâchent. Ce qu'on voyait défiler sous nos yeux avec tous ces gens de Floride, cependant, ce n'était pas une suite de copieurs et de pilleurs, mais au contraire un nouvelle école de rap à part entière, qui offrait de la place à plusieurs talents.

LPB POODY - Streetz Callin

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