Fake For Real

Depuis 1997 : critiques, dossiers, sélections et autres papiers, dédiés au rap (et parfois à d'autres musiques)
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BILAN - L'année rap 2012

, 12:30 - Lien permanent

Du vieux, du neuf. Des vétérans new-yorkais qui réussissaient leur retour et des rappeurs récents qui parvenaient à ressembler à des vétérans new-yorkais. D'anciens backpackers en forme. Des jeunes gens qui réinventaient à leur sauce le Memphis rap de 1995. Des rappeurs engagés, des gangsters sensibles et des toxicomanes narquois. Une majorité d'hommes, mais aussi toutes sortes de femmes. Du swag rap, du cloud rap et du trap rap impénitent. De la drill music de Chicago, dont ce fut la grande année. Et des types diamétralement opposés de hip-hop français. Toutes les formes de rap ont eu leur mot à dire en 2012, en ces années 2010 que ce genre a entamé plus vigoureux et plus triomphal que jamais.

RICK ROSS - Rich Forever

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LPB POODY - Streetz Callin

, 22:15 - Lien permanent

Au début, il y avait Kodak Black. Après surgit Glokknine, dont on eut l'impression qu'il était son clone. Puis vint le tour de Robert Lee Perry Jr., alias LPB Poody, et cette fois, on avait encore plus franchement le sentiment qu'il était une réplique de Glokknine. Ce qui était somme toute logique, puisque c'est auprès de lui que cet autre habitant d'Orlando s'était d'abord manifesté, avant que les deux rappeurs ne se fâchent. Ce qu'on voyait défiler sous nos yeux avec tous ces gens de Floride, cependant, ce n'était pas une suite de copieurs et de pilleurs, mais au contraire un nouvelle école de rap à part entière, qui offrait de la place à plusieurs talents.

LPB POODY - Streetz Callin

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SYLVAIN BERTOT - Mixtapes

, 22:44 - Lien permanent

Et de trois. Fake For Real a récemment publié (le 18 mai plus exactement) une troisième anthologie sur le rap. Après avoir traité du genre dans son ensemble, puis du mouvement hip-hop underground qui a sévi autour de l'an 2000, nous nous penchons cette fois sur la fabuleuse histoire des mixtapes. Nous retraçons l'épopée de ce format à travers ses multiples métamorphoses, en nous concentrant, comme avec les ouvrages précédents, sur l'espace nord-américain.

SYLVAIN BERTOT - Mixtapes

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GOONEW - Goonrich Urkel

, 22:51 - Lien permanent

Le silence est plus crispant que le bruit. Le murmure est plus angoissant que les cris. C'est semble-t-il ce qu'a réalisé Goonew, valeur montante de DMV, cette aire centrée sur Washington dénommée d'après les Etats que son métro traverse. Ses récits sombres et menaçants de dealer, ce rappeur les susurre, d'une façon inquiétante. Ses raps, il les déclame d'un trait, sans pause, et off-beat. Et pour que la pesanteur soit à son comble, il est souvent accompagné par les beats sinistres et chiches de Cheecho, le producteur qui a défini le son de cette scène.

GOONEW - Goonrich Urkel

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PEEZY - No Hooks

, 23:08 - Lien permanent

Alors qu'il atteint la trentaine, Team Eastside Peezy est l'un des acteurs les plus satisfaisants et les plus productifs de la prolifique scène de Detroit. Non content d'avoir sorti Ballin Ain't a Crime au début 2017, l'un des meilleurs projets issus de la Motor City en cette année faste, il a embrayé les mois d'après avec pas moins de trois mixtapes, People's Champ, Winter Grind et Ghetto Wave. Et puis, après s'être fait tirer dessus dans le cadre d'une guerre des gangs, il a remis le couvert en 2018, sans pourtant rien sacrifier de sa qualité puisque le très court No Hooks fut, à son tour, l'une des sorties rap les plus remarquables de l'année écoulée.

PEEZY - No Hooks

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KNOWLEDGE THE PIRATE - Flintlock

, 22:26 - Lien permanent

Si Roc Marciano a brillé en 2018, ce n'est pas seulement à cause de sa productivité personnelle et de la qualité de ses sorties, toutes deux exceptionnelles. C'est aussi par celles de ses proches. C'est en tout cas vrai pour Knowledge the Pirate, un rappeur dont le nom nous est désormais familier, à force de le voir figurer sur toutes les sorties de Marci depuis Reloaded en 2012, mais dont on ne connaissait pas encore de sortie propre. Depuis quelques mois, celle-ci existe enfin, sous la forme d'un album, Flinlock qui file la métaphore du flibustier (ce titre est le nom de leur pistolet emblématique), et dont l'ancien du Flipmode Squad, à égalité avec Elemnt et Mushroom Jesus, a assuré une partie substantielle de la production.

KNOWLEDGE THE PIRATE - Flintlock

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MONEYBAGG YO - 2 Heartless

, 23:14 - Lien permanent

Cela fait un moment déjà que Moneybagg Yo roule sa bosse à Memphis, ses premiers enregistrements remontant à 2012. Mais les trois dernières années, les choses se sont accélérées, et le rappeur est passé d'une célébrité locale à une notoriété nationale. Tout remonte à All Gas No Breaks, une mixtape de 2016 qui a attiré l'attention du rappeur le plus éminent de la ville, Yo Gotti. S'en est suivi un projet commun, 2Federal, à la fin de la même année, puis en 2017 un album à succès chez Interscope, Federal 3X, une collaboration avec YoungBoy Never Broke Again, Fed Baby's, et des apparitions diverses et variées, ici dans une vidéo commune de BlocBoy JB et de Drake, ou là sur la mixtape Too Hard de Lil Baby.

MONEYBAGG YO - 2 Heartless

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BILAN - L'année rap 2018

, 23:59 - Lien permanent

Depuis que la scène d'Atlanta semble avoir amorcé un déclin, il est difficile de dire quelle est maintenant la capitale du rap. Peut-être, d'ailleurs, n'y en a-t-il tout simplement plus. Et qu'en conséquence, ce qui a sans doute toujours été une réalité devient désormais plus visible : le rap qui compte, en fait, ce serait le rap régional. Ce serait ce qu'une multitude de scènes locales produisent de mieux, sans forcément le porter à l'attention du grand nombre. Moins que jamais, en effet, les albums les plus émoustillants sont ceux que l'on retrouve dans les listes de fin d'année des grands médias. Ce sont plutôt des projets épars, provenant de ces centres féconds que sont la Bay Area, le Los Angeles d'03 Greedo et de Drakeo the Ruler, une ville de Detroit qui avait déjà été la plus satisfaisante en 2017, un New-York dégradé dans la hiérarchie du rap, mais qui a toujours de beaux restes, ou encore la Floride de Kodak Black, celle qui doit davantage à Lil Boosie qu'à Trick Daddy. Sans oublier, naturellement, une musique démunie de toute attache locale forte, mais popularisée à travers SoundCloud et les autres plateformes Internet. Toutes ces sources, toutes ces tendances, ce rap certes hégémonique, mais plus que jamais complexe et éclaté, on les retrouve plus ou moins parfaitement dans les sélections ci-dessous, celle de Fake For Real, tout comme celle de ses lecteurs.

03 GREEDO - The Wolf of Grape Street

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1TAKEJAY - Wait Hol' Up

, 16:50 - Lien permanent

03 Greedo et Drakeo the Ruler sont actuellement les têtes d'affiche du rap de Los Angeles. Mais à côté, d'autres s'agitent dans une veine plus ou moins proche, comme par exemple 1TakeJay. Cela fait plusieurs années que ce rappeur de Compton est actif au sein des OneTakeBoyz, un collectif dont les autres membres éminents sont 1TakeQuan et 1TakeTeezy. Ces amis de lycée, qui se veulent des disciples des Hot Boys, existent en effet depuis 2014, et leur manifeste, le projet OneTakeMovement, date de 2015. Mais en 2017 et 2018, avec les singles "To Da Neck" et "Arco", puis l'album Wait Hol' Up, 1TakeJay a su capter un peu plus de lumière, au bénéfice des mésaventures carcérales des rappeurs susmentionnés.

1TAKEJAY – Wait Hol' Up

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BANDGANG - In Too Deep

, 23:39 - Lien permanent

A Detroit, depuis plusieurs années, au sein de cette scène dont on ne cesse de mesurer la richesse, Masoe, Lonnie Bands, Paid Will, Al, Javar et Biggs, alias BandGang, occupent une place centrale. Fondé en 2008, ce sextet qui s'est fait connaître d'une audience plus large en côtoyant Tee Grizzley sur le morceau "Straight to It", a influencé la génération qui émerge aujourd'hui autour de Sada Baby, FMB DZ et quelques autres. Ces derniers temps, cependant, après leur salve de mixtapes de l'année 2014, les trois premiers rappeurs cités (les têtes d'affiche du groupe) s'étaient surtout illustrés en solo : en 2017, ils avaient proposé 3 à 4 sorties chacun, pas moins. Aussi leur projet commun, disponible depuis l'été, était-il attendu de ceux qui savent. Et cette attente a été indubitablement récompensée si on se base sur des critères purement quantitatifs, nos hommes s'étant fendus d'un opus gargantuesque de 98 minutes et 30 titres, débordant de collaborations.

BANDGANG - In Too Deep

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PUSHA T - Daytona

, 22:34 - Lien permanent

Ce fut la surprise du chef, celle que nous concocta Kanye West en 2018 ; et donc, forcément quand il est question du génie ou de la bête de foire (selon) de la scène américaine, ce fut aussi l'un des événements rap de l'année. Au début de l'été, ce n'est pas un album qu'il sortit, mais cinq. Le sien, et quatre autres, produits respectivement pour Pusha T, Nas, Kid Cudi et Teyana Taylor. Tous compacts, tous condensés sur vingt à trente minutes, ils ont été réunis sous le nom de Wyoming Sessions, d'après l'Etat où ils ont été conçus. De tous, cependant, c'est avant tout le premier sorti, le troisième solo de l'ancien Clipse, qui a été célébré. Et pour une raison claire : à l'opposé de Kanye West, tout à ses concepts et à ses caprices d'artiste, Terrence Thornton, lui, est fidèle à lui-même, il ne change pas d'un iota.

PUSHA T - Daytona

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JOEY PURP - Quarterthing

, 23:05 - Lien permanent

Et si, plutôt que Chance the Rapper et Vic Mensa, le rappeur à retenir du collectif Save Money était Joey Purp ? On le sait, cette école de rap est à Chicago l'inverse même de la drill music. Ses membres paraissent plus sophistiqués, plus conscients de leur histoire, plus tournés vers une démarche artistique. Ils représentent ce qu'on a appelé sur nos pages l'Obama rap (et pour cause, Chance, qui est le fils d'un de ses collaborateurs, fréquente l'ancien président), dont la fonction politique et sociale implicite est de réconcilier la culture afro-américaine contemporaine avec l'Amérique, ou plus précisément avec son élite libérale. C'est une veine généralement prisée par la presse, mais critiquable pour son approche scolaire, pour sa musique trop pensée, pour son rap pas assez spontané. Ces reproches, cependant, ne sont pas à faire à Joey Purp. En tout cas pas à l'entièreté de ce projet, son troisième, et la suite de iiiDrops, la mixtape de 2016 qui l'avait révélé.

JOEY PURP - Quarterthing

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PIERRE EVIL - Gangsta Rap

, 22:41 - Lien permanent

Gangsta Rap n'est pas un nouveau livre. Il est paru en fait en 2005. Il a même été l'un des premiers gros ouvrages dignes de ce nom publiés en France sur le rap américain. Mais à l'époque, son sujet n'était pas la préoccupation première. Le rap qui intéresse, ici, c'est principalement celui que l'on produit en local. Et contrairement à ce que pensent beaucoup de ses détracteurs, l'école gangsta californienne n'a pas toujours été la plus prisée chez nos compatriotes, qui ont longtemps été tournés vers New-York et le rap à message. Cependant, la donne a changé. Depuis, le mythe du gangsta rap angeleno du début des années 90 n'a cessé de s'étoffer, le thème central du rap international est inéluctablement la criminalité, et le besoin de livres sur ce type de musique n'a fait que croitre. Qui plus est le (vrai) nom de Pierre Evil et de son ouvrage sont réapparus il y a quelques années dans la presse généraliste, du fait d'activités extra-musicales aussi prestigieuses qu'inattendues. En 2018, il était donc grand temps que ce Gangsta Rap redevienne plus disponible, dans une version remaniée et actualisée.

PIERRE EVIL - Gangsta Rap

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